Le but de l’Ennemi, c’est de diviser, de séparer. Avant tout, il veut nous séparer de Dieu, par le moyen du pêché. Comment retrouver la communion avec Dieu lorsque nous avons pêché ? Par le pardon. Jésus, en se sacrifiant Lui-même sur la Croix, nous offre le pardon. De notre côté, nous avons à demander ce pardon pour le recevoir. Le pardon est donc central dans l’Evangile.
De même, l’Ennemi cherche à nous diviser les uns les autres, afin d’attaquer notre témoignage et notre relation avec Dieu. Comment retrouver la relation lorsqu’elle est coupée? Jésus à nouveau nous dit que la clé est le pardon.
Demander pardon
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens: ‘Tu ne commettras pas de meurtre ; celui qui commet un meurtre mérite de passer en jugement.’ Mais moi je vous dis: Tout homme qui se met [sans raison] en colère contre son frère mérite de passer en jugement; celui qui traite son frère d’imbécile mérite d’être puni par le tribunal, et celui qui le traite de fou mérite d’être puni par le feu de l’enfer. Si donc tu présentes ton offrande vers l’autel et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande. Mets-toi rapidement d’accord avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu’il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l’officier de justice et que tu ne sois mis en prison. Mat. 5.21-25
C’est intéressant de voir que Jésus commence par nous parler des cas où nous sommes l’offenseur, et non pas des situations où nous sommes la victime.
Même si je suis d’apparence calme, plusieurs personnes ont déjà eu à subir ma colère, et ce qui est sûr, c’est que ma femme et mon fils en ont souvent fait les frais. Jésus nous dit que c’est très grave ; il l’assimile même au meurtre. Alors que faire ?
Alors, sans faire de psychologie, il faut se résoudre à l’évidence : Dans certaines situations la colère survient. Qu’elle soit justifiée ou non, ce qui compte c’est ce que j’en fais. De la même manière, il y a la tentation et ce que j’en fais (d’ailleurs la colère est souvent une tentation). C’est à l’expression blessante de la colère que Jésus fait référence (voire des insultes).
Supposons que je me mette en colère contre mon épouse, que je me fâche contre elle et que
nous soyons en conflit. Lorsque nous arrivons à table, est-ce que je dois prier Dieu pour le repas ? Ou si je vais me coucher à ce moment, est-il juste que je prie pour remercier Dieu pour la journée et bénir ma famille ? Non ! Lorsque je suis en conflit avec ma femme, mon fils, mon frère en Christ: mon offrande, que ce soit de la louange ou des bonnes œuvres, n’est pas agrée par Dieu. Le sacrifice qu’il me demande dans cette situation, c’est de ravaler mon orgueil et d’aller demander pardon.
C’est parfois encore plus difficile lorsque c’est notre enfant ou, pour un enseignant, notre élève. En effet, c’est nous qui sommes censés être les exemples, alors c’est d’autant plus dur d’admettre notre faute. Mais comment puis-je décemment exiger de mon fils qu’il demande pardon pour ses bêtises si moi-même je ne demande pas pardon pour mes manquements en tant que père. Ou bien suis-je dans l’illusion que je ne fais jamais rien de faux ?
C’est aussi plus difficile lorsqu’on sait que la personne qu’on a offensée a également ses torts. Il arrive qu’on se fâche contre quelqu’un de manière violente parce qu’il nous a fait du tort. Mais je suis responsable de mes actes, et même si la personne m’a fait du tort, je dois demander pardon pour les torts que j’ai commis en réaction. Ceci arrive souvent dans le couple.
Ce n’est pas facile, c’est le chemin étroit, mais souvenons-nous que notre Maître est doux et humble de cœur.
Offrir son pardon
Vous avez appris qu’il a été dit: ‘Tu aimeras ton prochain et tu détesteras ton ennemi. Mais moi je vous dis: Aimez vos ennemis, [bénissez ceux qui vous
maudissent, faites du bien à ceux qui vous détestent] et priez pour ceux [qui vous maltraitent et] qui vous persécutent, afin d’être les fils de votre Père céleste. En effet, il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les collecteurs d’impôts n’agissent-ils pas de même? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire? Les membres des autres peuples n’agissent-ils pas de même? Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Mat. 5.43-48
Dans un de mes jobs, j’ai eu un collègue qui était souvent critiqué et méprisé à cause de ses côtés colériques et autoritaires. Un jour, j’ai fait l’expérience de sa colère. J’ai eu droit à un passage à tabac verbal en règle. Sa colère contre moi était un peu justifiée (c’était à propos d’un mail que j’avais envoyé à son chef qu’il avait trouvé à raison un peu irrévérencieux). Mais le fait est qu’il a été brutal. Cela m’a juste conforté dans l’idée que j’avais de lui au travers des critiques de mes collègues. J’ai alors été tenté de le mettre dans la case « pauvre type qui vaut pas la peine d’être connu ». Mais en même temps, j’étais triste d’être comme ça en conflit avec lui, et de le croiser en grinçant des dents. Je crois que Dieu m’a demandé de lui pardonner, et c’est depuis ma conversion, une des premières fois que j’ai vu la puissance du pardon à l’œuvre. J’ai alors décidé de lui dire bonjour et de lui sourire dans les couloirs. Il a d’abord trouvé ça bizarre je crois, mais au bout d’un certain temps, il s’est mis aussi à me sourire. Petit à petit, nous sommes entrés en relation, nous avons pu partager. Au final, suite à l’incident que nous avons vécu, le pardon n’a pas seulement rétabli la relation telle que précédemment (qui n’était ni mauvaise ni bonne, plutôt inexistante), mais a permis la naissance d’une relation d’échange respectueux.
Jésus nous enseigne à ne pas rendre le mal pour le mal. Ce n’est pas nécessaire d’avoir vécu la réconciliation avec Dieu par le sacrifice de Jésus et d’avoir l’Esprit Saint pour aimer ceux qui m’aiment, ceux qui pensent comme moi, mes proches et mes amis. Mais qu’en est-il lorsque je suis face à quelqu’un qui m’agresse, ou quelqu’un de froid et de hautain, quelqu’un d’antipathique, face à l’étranger ou l’inconnu, face à celui qui a un look bizarre ou pourri, face à celui qui n’est pas d’accord avec moi, face à celui qui me vole, me ment ou m’insulte ?
Si Jésus n’était venu que pour ceux qui étaient justes et fidèles à Dieu, il aurait pu repartir aussi sec. De même, je suis appelé à juger l’acte, mais pas la personne. Au contraire, je suis appelé à bénir celui qui me fait du mal. Comment ? Voici quelques pistes : Aimer mon ennemi, c’est ne pas s’arrêter à son offense et ne pas couper la relation avec lui. Lui donner une chance d’être quelqu’un de différent que celui j’ai l’impression qu’il ou elle est sur la base de son agression ou de son attitude. Donner une chance à la relation d’être construite ou reconstruite. Et le moyen puissant que Dieu nous donne, c’est le pardon.
Dieu nous demande de pardonner, comme Lui nous a pardonné (Matthieu 6.12 et 7.2). Pardonner ne signifie pas nécessairement passer l’éponge. Cela peut être le cas, comme je l’ai fait avec ce collègue. Mais pardonner, c’est aussi laisser à l’autre la chance de s’expliquer et si nécessaire de nous demander pardon. Souvent, quand je suis blessé, je suis tenté de me dire : « cette personne, elle est comme ça, tout de façon elle ne va pas changer.
Cela ne sert à rien de lui parler. » Je pose sur elle un jugement définitif, dépourvu de grâce. Ou bien je peux être tenté de lui sauter dessus en l’accusant. Mais en approchant la personne avec humilité, en lui disant qu’elle nous a blessés, on laisse l’espace à la personne pour être aussi humble et humaine. On sera souvent étonné de la réponse. Parfois on comprendra qu’il s’agissait d’un malentendu. D’autres fois, face à notre joue gauche tendue, l’autre va simplement nous demander pardon.
Pour résumer, aimer son ennemi, c’est lui faire grâce, ne pas poser un jugement définitif sur lui, lui laisser la place d’être quelqu’un d’autre que l’image qu’on s’en est faite.
Conclusion
Le pardon est une puissance de vie, une arme contre laquelle l’Ennemi est forcé de reculer. Ne laissez pas l’Ennemi vous isoler de Dieu et des autres par les conflits, les amertumes, les jugements, les critiques, mais saisissez l’arme du pardon et utilisez-la maintenant, cet après-midi, ce soir, et tous les jours de votre vie. Et Jésus nous fait cette promesse :
N.M.





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ais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu’ils aient en eux ma joie parfaite. Je leur ai donné ta parole; et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Sanctifie-les par ta vérité: ta parole est la vérité. Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité. Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. 